Catégories
Concepts

Femmes migrantes

Réalité historique et sociologique pour un bon nombre de populations migrantes, l’image de l’homme seul migrant pour des raisons économiques ou politiques, ou des migrations féminines réalisées dans le cadre du regroupement familial ne correspondent plus à la réalité des migrations actuelles. En effet, peu visibles, les femmes migrantes représentent près de la moitié des 244 millions migrant·es à l’échelle mondiale. En France, elles constituent 52% de l’immigration.

Ces femmes vivent une expérience différente de celle des hommes, car elles sont plus vulnérables avant, pendant et après leur migration en termes de sécurité, de besoins psychologiques et d’accès aux services et aux droits. Les violences de genre sont particulièrement prégnantes : on estime qu’au moins une réfugiée ou femme déplacée sur cinq a déjà été victime de violences sexuelles. Selon une enquête de la Commission des Femmes réfugiées menée auprès de migrant·es ayant emprunté la route méditerranéenne entre l’Afrique du Nord et l’Italie en 2019, 90% des femmes et des filles ont été victimes de viols à un moment donné de leur voyage. Pour d’autres, ce sont ces violences qui mènent à la migration (mutilations sexuelles, stérilisations forcées, exploitation sexuelle, mariages forcés, orientation sexuelle criminalisée, etc.).

Une fois arrivées, elles rencontrent des difficultés à trouver un emploi, et sont souvent renvoyées vers des professions à forte pénibilité et faibles salaires. Ces femmes subissent un déclassement professionnel et sont surreprésentées dans les professions dites du care. À l’échelle mondiale, on estime que les femmes représentent 74% des travailleurs domestiques migrants. La précarité de ces situations les rend plus vulnérables, notamment à l’exploitation sexuelle ou aux violences sexuelles. Un rapport de l’Agence nationale de recherche sur le sida paru en 2015 signale par ailleurs qu’un tiers des femmes migrantes séropositives sont infectées après leur arrivée en France.

Lorsque les femmes migrantes décident de retourner dans leur pays d’origine, celles-ci rencontrent plus de difficultés de réintégration que les hommes, selon une étude de l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) parue en 2021 ; principalement par suite de situations de maltraitance et d’exploitation au cours de leur périple migratoire.

La prise en compte des trajectoires et besoins spécifiques des femmes migrantes dans les études et débats sur la migration est ainsi essentielle pour accueillir, sécuriser, protéger et renforcer l’autonomie de ces femmes.

Ce texte a été rédigé par des étudiant·es du master Études sur le genre