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Consentement

Le consentement désigne la possibilité pour une personne de se prononcer librement en faveur d’un projet ou d’un acte. Lorsqu’il s’applique aux sphères intime, sexuelle ou amoureuse, il signifie que chaque individu concerné doit apporter son accord volontaire, motivé et indiscutable à une relation partagée : on parle alors de relation consentie.

La notion de consentement n’est pas nouvelle et les mouvements féministes des années 1970 la mirent en avant en dénonçant la « culture du viol », système de normes sociales qui banalise les violences sexuelles subies par les femmes et met en doute, les dires des victimes. 

Toutefois, cette notion s’imposa de manière inédite et spectaculaire dans les débats publics à l’occasion du mouvement #MeToo, né des accusations de violences sexuelles commises par le producteur de cinéma états-unien Harvey Weinstein, en 2017. S’ensuivirent le partage sur les réseaux sociaux de centaines de milliers de témoignages anonymes de victimes de violences sexuelles à travers le monde, conduisant à une prise de conscience du caractère systémique des violences sexistes et sexuelles à l’encontre des femmes.

Des personnalités françaises s’engagèrent et dénoncèrent à leur tour les abus subis : de la comédienne Charlotte Arnould qui, en 2018, accusa de viol Gérard Depardieu, à la comédienne Adèle Haenel qui déposa plainte contre le réalisateur Christophe Ruggia en 2019, en passant par l’écrivaine Vanessa Springora qui publia Le consentement en 2020, dénonçant l’emprise exercée par Gabriel Matzneff sur elle alors qu’elle était mineure, et les révélations de Judith Godrèche sur sa relation subie avec Benoit Jacquot, de 25 ans son ainé, alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Toutes ces occasions furent saisies par les mouvements féministes et associatifs pour pousser à des changements au sein de la société et pour faire évoluer les réponses judiciaires, jugées partiales et trop faibles face aux impacts occasionnés par ces violences. Face aux scandales médiatiques à répétition, une commission d’enquête parlementaire présidée par la députée écologiste Sandrine Rousseau fut alors réunie pour mettre en lumière les violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité.

Grace au travail acharné des féministes et à la pression de l’opinion publique, le Parlement français introduisit en octobre 2025 la notion de consentement dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles. Dorénavant, le consentement doit être éclairé et librement formulé, et ne peut être obtenu d’une personne sous emprise de stupéfiants, alcoolisée ou endormie ; il doit être spécifique, ce qui veut dire que consentir à un acte ne signifie pas consentir à tous les actes ; il doit être préalable et révocable, ce qui signifie qu’il n’est pas donné pour toujours.

Cette notice a été rédigée par des étudiant·es du master Études sur le genre.

Références

  • Fraisse, G. (2007). Du consentement. Paris : Seuil.
  • Lévy-Guillain, R. (2024). La culture du consentement. Recomposition des rapports de genre et de la sexualité depuis MeToo, thèse de doctorat en sociologie, Sciences Po.
  • Springora, V. (2020). Le consentement. Paris : Grasset.