La sexualité consentie désigne l’ensemble des pratiques sexuelles qui se déroulent dans le cadre d’un consentement libre, éclairé et réciproque entre toutes les personnes impliquées (ONU Femmes, 2019).
La sexualité consentie constitue un principe fondamental de l’éthique et du droit, protégeant contre les agressions sexuelles et les violences sexuelles, tout en promouvant le respect de l’autonomie individuelle, la communication et la négociation des désirs et des limites (World Health Organization, 2018).
Cependant, le concept fait l’objet de débats publics au sein des mouvements féministes depuis les années 1960, en lien avec les mouvements pour la libération sexuelle. Durant les « sex wars », de nombreuses controverses ont contribué à la constitution d’un clivage politique et philosophique qui persiste encore aujourd’hui. Comment analyser et rendre possible une sexualité consentie dans des sociétés marquées par de profondes inégalités de genre, de classes sociales, et de race, reste une question encore ouverte aujourd’hui, qui fournit un terreau fertile à de nombreuses réflexions et expérimentations, à la fois collectives et individuelles.
La philosophe Manon Garcia propose de penser le consentement comme une conversation, dans laquelle les partenaires sexuels devraient s’engager de manière active et consciente pour coconstruire le « bon sexe », c’est à dire une pratique sexuelle juste, heureuse et possiblement émancipatrice (Garcia, 2023).
Cette réflexion resitue au centre la question du plaisir, de la joie et de l’émancipation sexuelle, des questions parfois laissées de côté dans la formalisation du concept de consentement. Elle souligne la nécessité de continuer à penser le consentement comme un processus relationnel qui nous permet d’avoir plus de pouvoir pour exprimer notre « oui » ou « non », mais aussi de construire un terrain pour explorer des plaisirs partagés et conscients.
Dans le même temps, différents acteurs du champ de la sexualité libre et émancipatrice mettent en évidence l’existence de sujets marginalisés dans les discours sur la sexualité consentie, puisque globalement dépossedé.e.s de leur agentivité sexuelle. Différents projets et espaces de réflexions se sont ouverts pour élargir les imaginaires, outiller les personnes et travailler pour une culture du consentement qui puisse inclure toutes les voix et expériences, comme l’illustrent par exemple les travaux sur la sexualité de collectifs de personnes en situation de handicap.
La conceptualisation et la défense de la sexualité consentie constitue donc un terrain de travail politique, philosophique et éthique en ébullition, ainsi qu’un terrain de pratiques et de découvertes personnelle et collective qui ne cesse de faire parler et réfléchir à tous les niveaux de la société.
Cette notice a été rédigée par des étudiant·es du master Études sur le genre.
Références
- Collectif Les Handi·es Tordu·es [Page Instagram]
- Garcia, M. (2023). « Précis de La Conversation des sexes »,. Philosophiques, 50(2), p. 295–302.
- García-Santesmases Fernández, A. (2016). “Yes, we Fuck! El Grito de la Alianza Queer-Crip », Revista Latino-americana de Geografia e Gênero, 7, p. 226-242.
- ONU Femmes (2020). « Les violences sexuelles ».
- Serra, C. & Orellano, G. (2024). « ‘Quién puede consentir?’, El sentido de consentir », La Casa Encendida (Podcast) :
- UNICEF (2020). Éducation à la vie affective et sexuelle : comment répondre aux idées reçues.
- World Health Organization (2018). Guidance on ethical considerations in planning and reviewing research studies on sexual and reproductive health in adolescents.
