Catégories
Non classé

Elissa Mailänder

Elissa Mailänder est une historienne contemporanéiste, professeure FNSP à Sciences Po Paris, titulaire d’une habilitation à diriger des recherches. Elle a aussi été directrice adjointe du Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches sur l’Allemagne (CIERA).

Ses nombreuses recherches portent sur la Seconde Guerre mondiale et l’Allemagne nazie. Elle explore l’histoire culturelle du quotidien, mais aussi l’histoire du genre et des sexualités, des violences et des masculinités.

Dans son premier ouvrage Female SS Guards and Workaday Violence: The Majdanek Concentration Camp, 1942-1944 (2015), Elissa Mailänder s’intéresse aux violences exercées par les surveillantes SS au sein du camp de concentration et d’extermination de Majdanek en Pologne occupée. Dans une démarche micro-historienne, elle y décrit la manière dont ces surveillantes, prises dans une atmosphère de violences, vont-elles-mêmes s’adonner, pour certaines, à des violences extrêmes. L’historienne en conclue que des dynamiques de pouvoir se jouent au sein du camp, et que ces surveillantes ne sont pas des victimes qui n’auraient fait qu’obéir au régime nazi. Elles ont utilisé leurs marges de manœuvre personnelles, notamment en vue de s’affirmer vis-à-vis de leurs collègues masculins.

À la suite de cet ouvrage, elle publie de nombreux articles sur l’histoire des auteurs de violence et sur les mécanismes et dynamiques de la violence dans les camps nazis.

Son second livre, Amour, mariage, sexualité : une histoire intime du nazisme (1930-1950) (2021), est consacré aux relations amicales et sexuelles au sein de la société nazie, « aryenne » et hétérosexuelle. Elissa Mailänder émet ici l’hypothèse que ces relations et cet entre-soi ont permis l’adhésion au nazisme de dizaines de millions d’Allemand·es et d’Autrichien·nes. Pour l’historienne, ces dynamiques sociales se trouvent au centre des conditions qui ont permis la mise en place du projet nazi à partir des années trente.

Cette notice a été rédigée par des étudiant·es du master Études sur le genre.

Références