Le mot « transition » désigne habituellement, et dans sa définition la plus large, le mouvement ou le transfert d’un état à un autre, l’acte de passage entre ces deux états (Larousse).
Parler de « transition de genre », c’est faire référence au parcours entamé par des personnes trans pour affirmer leur identité de genre. Ce terme met en lumière l’ensemble des étapes et processus vécus dans le cadre de cette affirmation de genre. Les transitions les plus visibilisées aujourd’hui sont celles des personnes assignées homme à la naissance et qui entament une transition pour affirmer leur identité en tant que femme, ou, à l’inverse, celles de personnes assignées femme à la naissance et qui entament une transition pour affirmer leur identité d’homme. Cependant, avec la pluralité des identités de genre, une « transition » désigne également le parcours entamé par des personnes dont l’identité de genre se trouve en dehors des identités binaires homme/femme.
Les expériences et vécus des personnes trans variant énormément, il est le plus souvent davantage approprié de parler des transitions au pluriel pour souligner cette pluralité d’expériences et de transitions possibles. En effet, chaque transition est unique et il n’y a pas de transition « type » vécue par les personnes trans.
Une transition de genre peut comprendre plusieurs aspects, sans qu’aucun ne soit obligatoire ou nécessaire. Les personnes trans sont aujourd’hui davantage libres de choisir quels changements entamer – ou non ; ce qui historiquement n’a pas été le cas lorsque les équipes médicales avaient tout pouvoir pour décider les modalités d’une transition (Léotard, 2023).
L’aspect social de la transition est souvent l’une des premières étapes entamées par des personnes trans qui cherchent à affirmer leur identité de genre. Il peut inclure le fait d’utiliser un nouveau prénom, davantage affilié à son identité de genre, de demander à des proches d’utiliser des pronoms qui correspondent à son genre ou bien de changer d’expression de genre. Ainsi, la personne peut commencer à porter des vêtements ou à changer sa coupe de cheveux pour correspondre davantage à son identité de genre.
Une transition peut également prendre un aspect administratif. Un changement de prénom officiel ou un changement de sexe à l’état civil impliquent des démarches administratives parfois longues et laborieuses pour aboutir à une reconnaissance légale de l’identité de genre de la personne. Plusieurs tentatives – des milieux militants mais aussi de certains bords politiques – ont émergé durant ces dernières décennies pour faciliter ces changements, notamment en encadrant le rôle de la transition médicale dans l’accès à une transition administrative (Alessandrin, 2023).
L’aspect médical des transitions forme l’un des aspects les plus médiatisés aujourd’hui. Les interventions médicales dans le cadre d’une transition peuvent inclure des traitements hormonaux (la testostérone pour les personnes transmasculines, et l’oestrogène et/ou la progestérone pour les personnes transféminines, par exemple). Elles peuvent également comprendre des interventions chirurgicales sur les organes génitaux ou des caractéristiques sexuelles secondaires (comme le torse). Ces traitements médicaux peuvent être réversibles ou irréversibles, mais contribuent, comme l’ensemble des aspects possibles d’une transition, à améliorer le bien-être des personnes trans qui les souhaitent.
La transition de genreest une expression qui englobe donc un large éventail de réalités, de souhaits et de parcours qui sont tous spécifiques à la personne qui les entame. Si, auparavant, les transitions ont souvent été dictées par l’appareil médico-psychologique, la tendance actuelle est davantage à l’autonomie et au libre-choix des personnes concernées. Dans ce contexte, les transitions sont moins souvent considérées comme « terminées » à une étape donnée, mais davantage comme un processus qui s’inscrit dans la longue durée, sans détermination précise.
Cette notice a été rédigée par des étudiant·es du master Études sur le genre.
Références
- Alessandrin, A. (2013). « La question cisgenre », ¿ Interrogations ? Revue pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales, 15.
- Alessandrin, A. (2023). Sociologie des transidentités. Paris : Le Cavalier Bleu.
- Beaubatie, E. (2024). Transfuges de sexe. Paris : La Découverte.
- Bereni, L., Chauvin, S. & Jaunait, A. (2020). Introduction aux études sur le genre. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur.
- Chamberland, L. & Saewyc, E. (2011). « Stigmatisation, vulnérabilité et résilience : La santé psychosociale des minorités sexuelles et de genre au Canada », Canadian Journal of Community Mental Health, 30(2), p. 7‑11.
- Espineira, K. (2022). Transidentités et transitudes : Se défaire des idées reçues. Paris : Le Cavalier Bleu.
- Larousse (s.d.). « Transition ».
- Léotard, A. (2023). Transidentités : Une histoire volée. Paris : La Musardine.
