
Illustratrice et autrice espagnole, Sara Soler (né à Barbastro, en 1992) vit et travaille à Barcelone. Après des études d’arts, elle se spécialise dans les arts graphiques au sein de l’École Joso. Au cours de cette formation, elle se passionne pour la bande dessinée et publie des histoires courtes dans les fanzines de l’école Fanzinomicón et Sonorama. En 2018, après avoir remporté la bourse « Carnet Jove Connecta’t al còmic », elle signe en « sola » sa première BD, Red y Blue: Cazadoras de monstruos, publiée chez Panini comics. Pour Sara Soler, Red y Blue est « un mélange de fantasy médiévale classique et d’éléments contemporains, dans le style Adventure Time (2010-2018) ou Studio Ghibli ».
Sara Soler collabore, depuis lors, avec des maisons d’éditions espagnoles et internationales, ce qui lui vaut d’être célèbre sur la scène de la bande dessinée contemporaine. En Espagne, elle édite des projets collaboratifs ou des histoires originales dans diverses maisons d’édition : qu’il s’agisse de l’adaptation graphique du roman d’Antonio Pampliega En la oscuridad (2019), ou de sa BD autobiographique US (2021). En France, elle publie Plants vs. Zombies – Vol. 14 (2020) et Girlfriends (traduction de US, 2024). Ses œuvres sont également publiées aux États-Unis dans des séries collaboratives – Dr. Horrible (2018-2019), Plants vs. Zombies (2019-2026), Season of the Bruja (2023) – ainsi qu’à travers la traduction de ses propres one-shots : US (2023), Red & Blue: Monster Hunters (2025).
Avec DC Comics, elle a aussi travaillé sur l’anthologie DC Pride de 2025 qui célèbre les personnages et créateuricesx LGBTQIA+. Le processus créatif de Sara Soler est relativement simple : « J’ai une idée, je commence à faire des recherches et des dessins. Ensuite, j’écris le scénario, puis dessine à l’encre et en couleur les croquis. J’imagine que mon processus est le même que celui utilisé par n’importe quel·le dessinateur·rice de bandes dessinées », explique-t-elle. Lorsque l’autrice aborde des thématiques queer et LGBTQIA+, elle porte une attention particulière aux termes utilisés, et fait aussi appel à des sensitivity readers [des lecteuricesx de sensibilité].
Les bandes dessinées de Sara Soler sont imprégnées de son approche féministe intersectionnelle et LGBTQIA+. Dans US, par exemple, elle raconte comment sa compagne Diana a vécu avec elle son coming out en tant que femme transgenre. Actuellement, elle achève son travail sur sa prochaine publication, intitulée Mzungu, une bande dessinée féministe, adaptée d’un roman, dont le·a personnage principal·e est LGBTQIA+. Son style graphique se distingue à la fois par une attention narrative, une grande sensibilité et un trait personnel.
En parallèle de sa pratique de la bande dessinée, Sara Soler s’engage dans des causes qui lui tiennent à cœur. En 2025, elle participe à l’action collective « STOP IA GENERATIVA » [Stop à l’intelligence artificielle générative], d’abord initiée sur les réseaux sociaux par le Collectif des autrices de bandes dessinées d’Espagne. Celui-ci s’oppose à un décret-loi selon lequel une IA gouvernementale serait autorisée à utiliser, sans demander l’autorisation des auteur·rices concerné·es, l’ensemble des fonds de la Bibliothèque nationale d’Espagne. À partir des nombreux dessins créés à cette occasion, le collectif a ensuite organisé une exposition collective itinérante, déjà présentée à Barcelone, en Aragon et au Pays Basque.
Cette notice a été rédigée par des étudiant·es du master Études sur le genre.[1]
[1] Sauf mention contraire, toutes les citations sont issues d’un échange avec Sara Soler, 1er décembre 2025. Toutes les traductions sont de l’autrice.
