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Autour du film “Habitantes”

La place des femmes dans l’espace public a toujours été problématique et l’histoire s’est longtemps cantonnée à décrire leur rôle dans la sphère privée. D’où le choix de Michelle Perrot de les suivre dans la cité, aux prises avec une citoyenneté politique qu’on leur interdit, mais qu’elles investissent progressivement. Dans ce dialogue avec Jean Lebrun, Michelle Perrot éclaire la saisissante partition des rôles dans la cité, de la fin du XVIIIe à la première moitié du XXe siècle.

L’ouvrage Les murs invisibles s’intéresse aux représentations et aux pratiques citadines des femmes : comment les femmes se représentent et vivent la ville ? En fonction de quels critères, motivations, attraits, nécessités, précautions et même préventions se déplacent-elles ? Ce sont à ces limites, à ces « murs invisibles » qui bornent l’espace de vie des citadines que s’attache ce livre-enquête.

Dans « Genre, violences et espaces publics », Marylène Lieber met en évidence la prégnance de discriminations présentées comme allant de soi, dans un contexte d’égalitarisme entre hommes et femmes qui n’est que formel. Elle donne également à voir une forme de violences à l’encontre des femmes trop rarement appréhendée, celles se déroulant au cœur des espaces publics. À l’heure où la question de la sécurité occupe le devant de la scène, celle des femmes est en effet largement ignorée des médias et rarement prise en compte par les pouvoirs publics : à elles de prendre leurs précautions. À l’aide d’une approche originale qui confronte les politiques de sécurité aux pratiques et représentations quotidiennes, ce livre souligne les difficultés des politiques publiques à prendre en considération les inégalités entre les sexes.

L’article « Le sentiment d’insécurité des femmes dans l’espace public : une entrave à la citoyenneté ? » se propose de réfléchir à la façon dont les violences faites aux femmes – et la peur qu’elles ont de les subir – constituent une entrave à leur citoyenneté. Les femmes disent éprouver un sentiment d’insécurité important lorsqu’elles se trouvent dans l’espace public. Ce sentiment n’est pas sans conséquences sur leurs pratiques. Quand elles n’obéissent pas à un couvre-feu virtuel, elles ont recours, quelle que soit leur catégorie sociale, à des stratégies d’évitement. Il en ressort que leurs libres allées et venues et leur autonomie de mouvement sont limitées.

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où vous avez vu un collage féministe ? De ce que vous avez ressenti ? Est-ce que c’était de l’effroi, de la tristesse, de se retrouver face à ces violences ? Ou est-ce que c’était un sentiment de puissance, de force, lié au fait de se sentir moins seule, aux côtés de ces femmes qui mettent des mots sur notre colère ? Dans cet épisode d’Émotions à emporter, Pauline Boulet s’est intéressée à ces sensations que provoquent les collages féministes qu’elle voit dans la rue.

Bibliographie :