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Autour de “L’intersectionnalité dans les mondes de l’art”

À l’initiative du collectif « Décoloniser les arts », Leila Cukierman, Gerty Dambury et Françoise Vergès analysent, dans Décolonisons les arts !, avec quinze artistes, la colonialité à l’œuvre dans le monde des arts et de la culture en France et proposent des pistes pour une décolonisation des formations, des institutions et des contenus.

Marion Dalibert (Les masculinités ethnoracialisées des rappeur·se·s dans la presse) montre comment la construction médiatique des rappeurs reflète les rapports de domination de classe et contribue à creuser les inégalités sociales et ethniques.

Marie Sonnette et Séverin Guillard observent dans leur article « De la position à la posture : assignations et revendications genrées du monde du rap en France », la réception du rap dans la sphère médiatique généraliste, examinent des postures développées au sein du monde social du rap, en étudiant la manière dont des rappeuses contournent une injonction régulière à un féminisme dominant et proposent des critiques du sexisme en interne de leur monde propre.

Iels discutent dans cet autre article des questions de légitimité et d’authenticité dans le hip-hop, analysant ainsi les rapports sociaux, espaces et temporalités de musiques en recomposition.

Avec « Le rap est sexiste », Claire Lesacher interrogeait en 2013 les représentations sur le rap en réfléchissant intrication et coproduction des rapports de pouvoir.

« L’intersectionnalité possède un souffle critique à même d’animer les sciences sociale. Elle donne à voir et à comprendre des expériences de marginalisation et d’oppression ; elle permet d’analyser comment les forces qui structurent nos sociétés de façon hiérarchique – capitalisme, patriarcat, hétéronationalisme, xénophobie – s’imbriquent et se renforcent mutuellement. Née dans le chaudron des luttes sociales, l’intersectionnalité nourrit la démarche contre-hégémonique des sciences sociales. » Un concept que Lépinard et Mazouz défendent avec brio dans leur ouvrage Pour l’intersectionnalité.

Dans une perspective de sociologie des œuvres, Marie SonnetteDes mises en scène du « nous » contre le « eux » dans le rap français ») propose d’étudier certaines représentations contemporaines des rapports de domination à partir de l’analyse d’œuvres de rap produites en France au cours des années 2000. Elle observe que les mises en scène de des affrontements sociaux, basées sur les oppositions énonciatives faites par les classes populaires entre les pronoms « nous » et « eux », persistent au sein d’un corpus d’œuvres de rap « contestataires ».

Bibliographie : 

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